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Avis n°123
Ajouté par Documentalire (Paris), le 07/09/2015

Une analyse contextuelle économique et financière par Pierre-Emmanuel Scherrer, ancien gestionnaire-financier de la banque Paribas Luxembourg, enseignant en gestion et économie des entreprises.

Avis n°20
Ajouté par Georges CERNEAZ (Blois-sur-Seille), le 29/04/2015

L'administration m'a imposé un assainissement non collectif par épandage sans exutoire (SPANC de Voiteur) et j'ai constaté que les tests fluorés réalisés en Forêt de Fied Poligny coloraient la Seille au pied de ma maison et donc de mon assainissement... C'est du n'importe quoi !

Avis n°122
Ajouté par Bernard POUILLARD (Poligny), le 28/08/2015

Je me permets de vous adresse cet article de presse, comme nouvelle pièce au dossier, et qui confirme, s'il en était besoin, que les problèmes liés à l'approvisionnement en eau, vont devenir cruciaux. La solution de pompage envisagée - hors coût financier important - prélèvera en amont ce qui devrait être disponible en aval !!!! La forêt joue dans ce contexte, un rôle régulateur en limitant la violence des précipitations sur les sols, en évitant l'évaporation trop rapide et restitue les eaux progressivement.

L'article : "A cause de la sécheresse, l'état de la Seille devient préoccupant", Le Progrès, 16 juillet 2015.

Merci de votre collaboration.

Salutations.

Avis n°121
Ajouté par Pierre TERRIER (Le fied), le 19/08/2015

Dans un territoire rural en situation de handicaps par rapport aux grands centres de développement extérieurs, une obligation : saisir une opportunité pour rompre avec les fatalités.

La Région de Poligny fait partie d'un territoire difficile. Sa situation à l'écart des grands pôles de développement, l'importance du secteur rural au mieux en situation de stagnation, sa population plutôt vieillissante constituent autant de handicaps quant à son développement futur.
Aujourd'hui la faiblesse de la densité de population, mais aussi la présence d'atouts locaux importants autour de la vigne et des activités laitières constituent les ingrédients fondamentaux d'un terreau propice à la valorisation d'un grand projet. Les acteurs locaux innovants existent. La synthèse entre la réalisation d'un grand équipement et les acteurs porteurs de partenariats est une chance.
Dans ce contexte un projet d'envergure national mérite attention. Ce territoire a suffisamment contribué jusqu'alors au développement d'autres régions pour qu'il mérite aujourd'hui que nous regardions avec attention et prudence les chances que représente le projet de Center Parc pour ce territoire.
Le développement ne se proclame pas ni ne se décrète. D'abord des acteurs.
Quelque soit le territoire considéré, le développement de celui-ci repose sur des acteurs individuels ou collectifs porteurs de projets. L'existence de porteurs, d'initiateurs, de réalisateurs portés par un territoire au terreau favorable sont des conditions fondatrices du développement d'un territoire. Mais un vieillissement de la population, une désertification progressive sont souvent destructeurs de toute velléité de « faire ». C'est d'abord pour ces familles de raisons que le développement endogène, c'est-à-dire porté par des acteurs du territoire, ne parvient pas à produire les effets souhaitables ou souhaités.
Le projet Center Parc, une opportunité faute d'autres solutions crédibles.
Le projet représente une chance pour ce territoire en ce sens qu'il apporte une initiative qui change le « situationnisme » du territoire. Par l'activité créée, par les effets induits, ce projet mérite fondamentalement d'être saisi par les acteurs locaux. Ce ne sont pas les résidents externes souvent urbains lointains qui n'ont à fortiori jamais mis les pieds dans ce secteur qui ont le droit de rejeter ou stigmatiser un tel projet.
Les arguments sur les efforts demandés aux collectivités tombent au seul regard des contributions qu'a apporté ce territoire au développement de zones extérieures. Par contre comme tout citoyen nous avons le droit et le devoir de veiller à ce que le promoteur ait un respect plus que réglementaire des composantes environnementales et sociales.
Le porteur se doit de garantir le respect scrupuleux des textes en vigueur en particulier ceux sur l'eau et sur la constitution des dossiers installation classée. La nature des sous-sols exige une attention particulière et des mesures spécifiques particulièrement étudiées. En contrepartie du coût pour la collectivité, le porteur se doit d'être exemplaire.
Il se doit aussi d'ouvrir rapidement les concertations nécessaires au développement de partenariats avec les hommes et femmes du territoire, tant sur les emplois qu'il créera et dont il faut rapidement préparer les candidats à les occuper que pour soutenir contractuellement les porteurs d'initiatives complémentaires à celles du Center Parc. Des propositions existent. Elles doivent être examinées et étudiées autrement que par de seules déclarations publiques ou interventions opportunes en réunions.

Deux propositions
1. Dès la décision de création du centre, mettre en place un agent de développement chargé d'aider tout candidat au développement d'activités contractualisables avec le porteur du projet. Le financement de cet agent porté sans doute par une association des collectivités locales et les établissements consulaires devra être à la disposition de chaque habitant, de chaque élu, de chaque entrepreneur existant ou potentiel. Son coût est a intégrer dans le projet global.
2. Des interrogations existent. Des questions sont posées.
Afin de rendre les modalités de réalisation transparentes et accessibles à tous ceux qui se sentent concernés, l'Etat doit désigner un interlocuteur de proximité en capacité de répondre à toutes questions et fournir les éléments issus des études ou celles présentes dans les dossiers. Les procédures d'enquête publique sont insuffisantes. L'état doit se porter garant tant de la transparence que du respect des procédures. Les questions liées à l'eau - approvisionnement comme traitement des effluents - sont cruciales.

Pierre TERRIER
Aout 2015.

Avis n°75
Ajouté par Le Pic noir (Poligny), le 10/06/2015

Cette note a pour objet de réfléchir à la mise en place d'activités agricoles locales permettant de nourrir la totalité de la population de la CC Comté de Grimont, soient 10 669 habitants.

Il convient de préciser que :

1)Production agricole :

Les calculs sont issus d'une étude menée par l'association Terre de Liens Normandie. Ils sont basés sur des moyennes nationales et ont une valeur statistique. Ils ne sont pas applicables stricto senso au contexte de l'écosystème de la CC Comté de Grimont, mais ils ont le mérite de donner des indications sur la quantité indispensable de terres cultivables en adéquation avec les productions, et, en corollaire, le nombre nécessaire d'emplois ETP.

Précision importante : le mode d'agriculture étudié est l'agriculture biologique.

2) Rôle des collectivités pour favoriser la production alimentaire locale :

Différentes mesures incitatives et/ou réglementaires peuvent être mises en place par les communes et communautés de communes pour favoriser cette agriculture patrimoniale qui s'inscrit dans une économie circulaire locale, auto-créatrice d'emplois.

Ressources :

http://convertisseur.terredeliensnormandie.org/

PJ : Convertisseur alimentaire, dossier technique

PJ : Questions et objections au convertisseur Terre de Liens

- Guide pratique et retours d'expériences : Agir sur le Foncier agricole, un rôle essentiel pour les collectivités locales - édition Terre de Liens

PJ : Communiqué de presse convertisseur alimentaire

PJ : Scénario Afterres 2050, SOLAGRO

 

Calculs pour une production agricole destinée à nourrir les habitants de la Communauté de communes du Comté de Grimont

L'agriculture jurassienne participe largement à l'économie du département par sa production exportatrice de vins et de fromages de prestige. Elle pourrait aussi ajouter une forme d'agriculture dont la fonction serait d'alimenter les jurassiens et de générer une économie circulaire locale.

A titre d'exemple, voici une projection sur le territoire de la Communauté de communes du Comté de Grimont.

Il est bien évident que le but n'est pas de nourrir en auto-production locale tous les habitants de la Communauté de communes. Cependant, les enjeux de l'environnement, et plus particulièrement ceux du dérèglement climatique, ceux de l'appauvrissement de la biodiversité, et ceux de l'artificialisation des sols, obligent à se poser la question de la relocalisation des productions alimentaires, de préférence en agriculture biologique.

Dans cette perspective, les élus qui soutiennent une politique orientée dans ce sens jouent "gagnant-gagnant". Ils œuvrent pour une diminution des émanations de gaz à effet de serre, ils soutiennent la création d'emplois pour la plupart indépendants* et ils participent à la réduction de la dépense publique en matière de santé.

* Les projections de l'installation agricole annoncent environ 35 à 40% d'installés en "hors cadre familial" (= ne bénéficiant d'aucune ferme familiale) dans les 15 ans à venir.

 

Paramètres :

- Le calcul est pour l'ensemble des habitants de la CC, soient 10 669.

- L'approvisionnement tient compte des saisons, aucune importation.

- Il n'est pas tenu compte des spécificités locales, à savoir le lait à comté et la vigne.

- Le mode d'agriculture est celui du cahier des charges de l'agriculture biologique.

- Le calcul est fait à partir du convertisseur "avancé", au nombre d'habitants (voir site).

- Surface de la CC : 264 km2 = 26 400 ha.

 

Résultats, voir site http://convertisseur.terredeliensnormandie.org/ :

tableau_vguislain

 

 

Possibilités d'intervention des élus locaux pour le soutien d'une agriculture de proximité génératrice d'emplois

Les élus locaux peuvent agir pour une agriculture de proximité, paysanne et biologique…

- En soutenant le développement d'une agriculture biologique et paysanne qui favorise la diversité des productions et leur qualité.

- En facilitant la création et le développement de circuits courts et de proximité de commercialisation.

- En contribuant à retisser le lien entre les consommateurs citoyens et les producteurs.

- En proposant des produits locaux de qualité dans les restaurations collectives dont ils ont la responsabilité.

- En incitant à une diversification des productions afin d'améliorer la sécurité et la souveraineté alimentaires des territoires qu'ils ont pris en charge.

 

Il existe en la matière une vraie demande citoyenne. Pour exemples :

- A Poligny, citons l'association Alter'marché du Dan dont le nombre d'adhérents a été volontairement limité par les bénévoles. En effet, au-delà de 150 adhérents, la gestion bénévole de l'association est difficilement supportable. Devant cette demande forte, l'association cherche à soutenir la création d'autres associations ou d'autres formes d'accès aux produits locaux de qualité, peu onéreux (pas ou un intermédiaire, frais de transport et de stockage limités).

- A Lons-le-Saunier, le travail effectué par M. Thevenet, avec le soutien de M. Pélissard et de M. Lançon, fait de la cantine municipale un exemple en France. L'équipe municipale a œuvré depuis 20 ans pour que la cantine serve des produits de qualité, en grande partie issus de l'agriculture biologique locale. Une légumerie destinée à traiter les légumes bio. des maraîchers jurassiens va bientôt commencer son activité.

La liste des exemples jurassiens s'allonge. De nombreuses AMAPS se sont créées ; à Dole, l'association le Serpolet porte un espace-test agricole, un marché hebdomadaire bio., un drive bio. et a soutenu l'installation de plusieurs producteurs dans le pays dolois…

Comment les élus peuvent-ils faire pour soutenir l'installation agricole de porteurs de projet hors cadre familial ?

Responsables de l'aménagement du territoire, les élus locaux ont pour mission d'articuler l'agriculture avec les autres enjeux dans les documents d'urbanisme et de définir ainsi les espaces voués à la production agricole.

Ce qu'il est possible de faire :

- Mettre en place une zone agricole protégée.

- Utiliser des outils d'intervention foncière (droits de préemption, acquisition) qui permettent aux collectivités de préserver les terres et d'orienter leur usage, notamment via le bail rural environnemental, pour développer une agriculture biologique ou paysanne locale.

- Mener ou soutenir des démarches pour repérer du foncier disponible, organiser une veille foncière pour anticiper de futures disponibilités, etc…

- Mettre en réserve des terres ou financer le stockage par la SAFER ou un EPF (établissement public foncier) le temps de trouver un repreneur, constituer une unité viable pour l'installation, réhabiliter des terrains,…

- Mener ou soutenir des démarches de récupération et de réhabilitation des terres en friches, sensibiliser les propriétaires.

- Favoriser la transmission des fermes en finançant ou en portant des projets d'animation locale (repérage, sensibilisation et accompagnement des cédants, diagnostics d'exploitation, etc…)

- Agir plus directement en achetant et en mettant des terres à disposition, en créant des fermes communales ou intercommunales, en participant au financement d'acquisition de fermes.

- Aider à la création d'espaces-test.

- Favoriser l'accès au logement des agriculteurs.

 

Quel est le rôle des SAFER ?

Ce sont des partenaires privilégiés pour le développement d'une activité agricole de proximité. En effet, leurs trois grandes missions sont :

- Dynamiser l'agriculture et les espaces forestiers, favoriser l'installation des jeunes.

- Protéger l'environnement, les paysages et les ressources naturelles

- Accompagner le développement de l'économie locale.

Les élus peuvent s'adjoindre l'aide et le soutien des SAFER pour s'engager dans une politique volontariste en faveur d'une agro-écologie de proximité, créatrice d'emplois.

Les élus peuvent-ils intervenir pour la mise en valeur de terres incultes ou manifestement sous-exploitées ?

Deux cas :

  • les friches

  • les biens sans maître

Sur le territoire jurassien, et sur celui de la Communauté de communes Comté de Grimont, un certain nombre de parcelles sont en friche ou en voie d'enfrichement, laissées à l'abandon par leurs propriétaires. La collectivité a les moyens d'agir pour que ces terres soient rétablies dans leur fonction productive.

En effet, le code rural prévoit ce cas - article L. 125-1 :

"… toute personne physique ou morale peut demander au préfet l'autorisation d'exploiter une parcelle susceptible d'une mise en valeur agricole ou pastorale inculte ou manifestement sous-exploitée depuis au moins trois ans par comparaison avec les conditions d'exploitation des parcelles de valeur culturale similaire des exploitations à caractère familial situées à proximité, lorsque, dans l'un ou l'autre cas, aucune raison de force majeure ne peut justifier cette situation. Le délai de trois ans est réduit à deux ans en zone de montagne. A la demande du préfet, le président du Conseil départemental saisit la commission départementale d'aménagement foncier qui se prononce, après procédure contradictoire, sur l'état d'inculture ou de sous-exploitation manifeste du fonds ainsi que sur les possibilités de mise en valeur agricole ou pastorale de celui-ci.

Cette décision fait l'objet d'une publicité organisée afin de permettre à d'éventuels demandeurs de se faire connaître du propriétaire ou du préfet".

Par exemple, cette procédure a permis sur l'Ile de la Réunion la remise en culture de 1 100 ha soit directement par les propriétaires, soit sous forme de baux. 700 ha ont été récupérés par la SAFER pour rétrocession à des agriculteurs après des aménagements fonciers.

Par ailleurs, une commune peut aussi récupérer les biens vacants et sans maître.

C'est ainsi que la commune de Beaumont en Ardèche a récupéré 40 ha dont 15 ont été rachetés par des agriculteurs de la commune. Une ferme communale a été constituée à partir de 7ha de terres attenantes à une ancienne bâtisse.

Il est aisé de constater que s'il y a une réelle volonté politique, le développement d'une agriculture de proximité, selon des principes agronomiques qui respectent la vie et l'équilibre des sols, est réalisable. Il est possible de soutenir une agriculture modeste, paysanne, créatriced'emplois et agissant pour fournir localement une alimentation de qualité.

 

Note écrite par Véronique Guislain, citoyenne polinoise

administratrice du Pic noir

administratrice Terre de Liens Bourgogne Franche-Comté, membre du bureau national

37, rue de Boussières – 39800 - Poligny – 06 74 67 52 18

v.guislain-muret@biobatir-concept.fr

 

Avis n°120
Ajouté par Jean-Pascal GRENIER (Lons-le-Saunier), le 07/08/2015

Bonjour,
J'interviens en tant que spéléologue et biospéléologue amateur.
Alors que le volet environnemental du projet est mis en avant, je m'étonne de l'absence de prise en compte des risques très importants qu'un tel projet fait peser sur l'ensemble de la faune cavernicole liée aux eaux souterraines et aux réseaux en connexion avec ce projet.
Pourtant, la sensibilité de cette faune à la pollution est très importante.
Ni dans le dossier du maître d'ouvrage, ni dans le dossier hydrologie du cabinet d'étude Reilé, il n'est fait mention du moindre souci de vouloir ou pouvoir protéger cette faune.
Pourtant, elle est d'une haute valeur patrimoniale (cf note en pièce jointe) et elle contribue au début de la chaîne alimentaire pour les espèces des eaux en surface, à la sortie des sources.
Des garanties devraient être apportées clairement pour protéger cette faune mais aussi pour éviter les risques de pollution qui pourraient nuire à la pratique de la spéléologie dans les superbes réseaux souterrain des reculées de la Seille.
En tant que spéléologue, je rejoins l'avis transmis par Michel Menin (avis n°33) sur les risques liés aux eaux usées et les menaces que cela fait peser pour notre pratique dans la borne aux Cassots, à l'Enragé, au Sautelard ou au Champ Mottet.

Avis n°119
Ajouté par jacky BRENET (Lent), le 05/08/2015

Center Parc est un projet touristique symbole d'un consumérisme stupide (activités aquatiques sous une bulle chauffée TOUTE l'année) implanté en pleine forêt nécessitant une urbanisation onéreuse à la charge de la collectivité et une alimentation en eau problématique et ceci pour quelques emplois précaires au service d'une population étrangère aisée. Restaurons plutôt de l'existant, développons l'accueil chez l'habitant, au service d'une pratique touristique traditionnelle (découverte de la nature, visites de sites remarquables, randonnées, pratique du vélo, du ski, échanges avec les locaux) dans un comportement responsable respectueux des autres, de l'environnement, du climat.

Avis n°116
Ajouté par Fédération du Jura pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques (Lons-le-Saunier), le 22/07/2015

Vous trouverez ci-jointe une proposition concernant l’alimentation en eau potable qui pourrait éventuellement être ajoutée à la boîte à idées.

Avis n°32
Ajouté par Federation BTP 39 (Dole), le 30/04/2015

Le projet Center Parcs de Poligny est une opportunité pour tout le département du Jura en termes d'emplois, tant au stade de la réalisation que de son exploitation, mais également en termes de promotion du tourisme local et de nos savoir-faire : artisanat, gastronomie, viticulture, etc... Le débat doit être constructif pour aboutir à un projet final respectueux de l'environnement, des activités et des populations présentes sur le territoire. Mais nous ne devons pas passer à côté de la formidable opportunité pour toute l'économie locale que constitue ce projet.

Avis n°68
Ajouté par Samioul (POLIGNY), le 26/05/2015

Bonjour,

Je me décide à participer à cet espace de débat, en espérant qu'il ne soit pas trop tard...

Bien sûr à 1ère vue ce projet promettant afflux de touristes, activité économique et emplois dans le secteur de Poligny et alentours peut sembler attractif, et j'y étais d'ailleurs très favorable dans un 1er temps, j'avais même du mal à concevoir qu'on puisse être contre jusqu'à ce que je commence à m'y intéresser sérieusement et surtout à me renseigner.

A ceux qui sont encore favorables à ce projet, vous êtes-vous réellement informés ?

Savez-vous par exemple que le groupe Pierre & Vacances ne prend quasi aucun risque financier dans ce projet, contrairement aux contribuables et institutions régionales et départementales ? En effet, les cottages sont vendus sur plan avant leur construction, le terrain est gracieusement offert, les infrastructures sont intégralement financées par les subventions publiques, de même que la fameuse "bulle tropicale", qui n'est que louée par Central Parcs durant 20 ans... Mais rassurez-vous, l'exploitation et les éventuels bénéfices de tout ça sont bien pour Pierre & Vacances.
En gros on nationalise l'investissement mais on privatise les bénéfices, c'est sur que c'est intéressant pour P&V !

J'entends également souvent parler de la création d'emplois, avancée comme argument suprême par les "pro Center Parcs". S'est-on réellement posé la question de la viabilité de mettre 88 Millions d'€ de subventions publiques pour espérer créer - au mieux et d'après P&V - un maximum 250 emplois au total, dont certains ne seront que des CDD / des emplois saisonniers / du temps partiel, précaires et inintéressants ? Pour rappel avec une telle somme on peut verser des SMIC durant environ 20 ans pour 250 personnes, faites le calcul vous-même !

C'est étrange en outre de constater que parmi les personnes qui vantent la création d'emploi à Center Parcs, aucun d'entre eux n'est directement concerné. Tous ceux qui défendent ces créations d'emploi sont de manière générale des gens qui ont déjà un poste ou n'en cherchent pas, et qui n'auront pas à postuler là-bas.
Il y a pourtant beaucoup de personnes en recherche d'emploi dans mon entourage, aucune d'entre elle ne voit Center Parcs comme une opportunité, les seuls emplois qui seront créés seront des "sous-emplois" reaganiens sans avenir ni perspective d'évolution. Il est facile de défendre la création d'emplois précaires de femmes de chambres à la chaîne et de restauration rapide quand on sait que ça ne nous concerne pas directement, mais cela vaut-il la destruction d'un eco-système et 88 Millions de subventions publiques ? Je ne pense pas.

Le dernier point que j'aborderai concerne le dynamisme économique que ce projet est censé insuffler à la région. Je me contenterai simplement vous poster ce lien, il s'agit du Replay de l'émission "7 à 8" diffusée Dimanche sur TF1 (chaîne pourtant pas connue pour être particulièrement éco-militante) sur les villages-vacances en forêt type Center Parcs : http://lci.tf1.fr/sept-a-huit/videos/dans-les-coulisses-d-un-village-de-...
Pour ceux qui n'auraient pas le temps / courage de le visionner, on y constate que les séjours-type d'un Center Parcs sont de courte durée (aux alentours de 3 jours, week-end prolongé) et tout est fait pour que les touristes ne sortent pas du parc durant leur séjour et dépensent un maximum dans l'enceinte pour rentabiliser encore le système.
Que ce soit à cause du grillage délimitant la "forêt artificielle", de l'entrée située loin des cottages où il est obligatoire de laisser sa voiture ou encore des services proposés sur place (épiceries, restaurants, loisirs, etc.), l'immense majorité des touristes ne mettra pas le nez en-dehors des 300 hectares de Center Parcs.
Ceux qui pensaient que l'arrivée de ce projet allait remplir les boutiques des fromagers, cavistes, viticulteurs ou lieux touristiques du Jura en seront pour leurs frais !

Au vu de tout ceci, il nous appartient désormais de savoir ce que l'on souhaite :

- créer un dynamisme économique, oui mais à condition qu'il profite réellement à tout le secteur et pas seulement aux boutiques Center Parc

- développer le tourisme dans le Jura, oui mais quel type de tourisme ? Un tourisme vert et responsable en développant le réseau déjà grandissant d'hébergements variés et dispersés sur tout le territoire (chambres d'hôtes, hôtels, gîtes, campings, etc.) ou bien un tourisme de masse qui ne connaîtra du Jura qu'un bout de "nature" stérilisée et terra-formée ?

- créer des emplois, oui bien sûr, mais des emplois pérennes, qualifiés, correspondant à un vrai besoin et non des emplois précaires et abrutissants que personne ne prendra par choix et subventionnés par 88 Millions d'€ d'argent public

A un moment il faut savoir prendre un peu de recul, on s'aperçoit alors qu'aucun des arguments avancés par le camp du "pour" ne résiste longtemps à un peu d'information, d'autant qu'il y aurait tant à faire avec ces 88 Millions d'€ de subventions, que ce soit au niveau de la création d'emplois, du développement du tourisme ou de l'image du Jura, il est possible de faire bien mieux que ce que propose Center Parc sans avoir à dégrader toute une zone naturelle.

Après, si vous êtes actionnaires Center Parc, je vous conseille effectivement de soutenir ce projet à fond car le groupe joue son avenir financier (guère brillant depuis 2010) sur les 2 ou 3 Center Parcs qui sont en projet actuellement en France (et sont d'ailleurs tous contestés).